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Nul n’ignore l’importance du marketing territorial dans le développement des régions. Le marketing territorial est défini comme étant la valorisation des ressources et des compétences des activités déjà implantées dans une région et vise à lancer des actions à court et moyen termes pour convaincre les acteurs ciblés (entrepreneur, investisseur et institution d’investissement) d’y investir ou réinvestir.

« Le marketing territorial est l’effort collectif de valorisation et d’adaptation des territoires à des marchés concurrentiels, pour influencer, en leur faveur, le comportement des publics visés par une offre différente et attractive dont la valeur perçue est durablement supérieure à celles des concurrents. Cette approche cherche à trouver le meilleur équilibre entre le marketing de l’offre de la Destination promue et le marketing de la demande fondée sur une excellente connaissance des clients ». (Mercator et Golan, 2014)

Le Maroc est déjà précurseur dans la région du Maghreb à travers l’événementiel (L’Boulevard, Mawazine, FIFM) ou encore les rencontres des affaires (HUB Africa). Les institutions économiques, culturelles et touristiques participent à travers la boite à outils dite « Marketing territorial » à améliorer l’attractivité des régions marocaines. Le marchéage régional, moyen d’augmenter l’attractivité d’une région, met en valeur ses compétences, ressources et facteurs clés pour booster l’investissement.

En Tunisie, sans (ou avec) stratégie, le « Tabarka Jazz Festival » des années 70 et le Rally Optic 2000 étaient les exemples d’un marketing régional attirant des milliers de visiteurs et animant les régions internes. Nous voyons en 2014 Amel Karboul, ministre du Tourisme, en train de revitaliser les même régions à travers le festival des Dunes électroniques à Ong Jemal et le « Tunisian Moto Tour » à Tabarka.

Pour soutenir les efforts du gouvernement actuel, les habitants des régions doivent maitriser les compétences de leurs régions et savoir les « vendre » pour allécher ceux qui veulent investir ou même devenir de fidèles clients. Et si on parle de marketing territorial dans un sens, n’est-il pas judicieux de parler d’entrepreneuriat territorial dans l’autre sens?

Pour appréhender l’entrepreneuriat territorial nous ne devons pas nous limiter à la simple définition du marchéage régional mais élargir l’analyse et prendre en considération les attentes d’un entrepreneur pour investir dans une région quelconque.

L’entrepreneur, à la recherche d’une opportunité, élabore des études qualitatives et quantitatives avant d’investir afin de s’assurer de la rentabilité et de la pérennité de son futur projet. L’abondance des mêmes ressources dans plusieurs régions d’un même pays peut diminuer l’attrait compétitif d’une région.

L’instauration d’une économie comparative à l’intérieur d’un pays et rendre chaque région singulière par rapport à une autre est une nécessité pour diminuer les disparités entre les régions et calmer les revendication sociale des zones d’exploitation des richesses agricoles et minières.

L’entrepreneur a besoin de transparence et de protection d’investissement ce qui n’est pas évident en Tunisie. C’est peut-être pour cela que nous sommes classé 51e selon le classement Doing Business 2014 en termes de facilité de faire des affaires. A cet égard, le rapport de mission portant sur la « Réflexion pour la Mise en Place d’un Cadre de Référence pour la Bonne Gouvernance Locale » a souligné l’importance de la Conception d’un Système d’Information Régional (SIR) en Tunisie qui aurait pour objectif d’assurer l’organisation, le stockage et la diffusion de données nationales, régionales et locales.

L’administration tunisienne, frein à l’investissement, doit être proactive non pas seulement à travers ses codes d’investissements et ses supports promotionnels mais aussi à travers le comportement de ses agents et la rapidité du traitement des dossiers.

Nous sommes classés 70e en termes de création d’entreprise et 78e en exécution de contrats (sur 189 pays selon le rapport Doing Business 2014). Les jeunes entrepreneurs et porteurs de projets tunisiens trouvent abri dans le marché caché pour fuir la complexité de l’administration tunisienne. Raison pour laquelle le marché parallèle pèse actuellement 40% de l’économie tunisienne. Selon la dernière étude faite par le ministère du Commerce, 77,6% des Tunisiens acquièrent des produits du marché parallèle.

La crise actuelle a par ailleurs pour origine la rareté des investissements privés et publics. Face à cette situation, le marketing territorial ne doit pas être confondu avec la publicité ou bien la promotion commerciale. Penser clients n’est pas toujours commode dans le secteur public, les objectifs doivent être réalistes et les promesses réalisables. Un entrepreneur attiré par une région quelconque est un catalyseur pour attirer ou chasser ses confrères tunisiens ou étrangers. Dans le domaine des affaires, les témoignages et le bouche-à-oreille jouent un rôle important. Par conséquent, le marketing est expressément « expérientiel ».

Il est temps de dresser une cartographie de l’écosystème tunisien, de rapprocher les acteurs et de communiquer là-dessus pour faire de la Tunisie une Silicon Valley africaine.

Source : http://www.huffpostmaghreb.com/mohamed-alif-kahlani/lentrepreneuriat-territor_b_5192693.html

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