L'heure pour entreprendre!

Innovation sociétale et entrepreneuriale, gouvernance territoriale

En ces temps de  mutation économique, sociale, politique et même culturelle que nous vivons actuellement en Tunisie comme partout ailleurs dans le monde, les gouvernants devraient porter plus  d’attention à l’innovation. On a longtemps assisté à la prédominance d’une conception de l’innovation technologique, mais on observe aujourd’hui un déplacement vers une conception plus sociale, en lien avec le développement durable, la soutenabilité de la croissance et l’ancrage des dynamiques économiques dans les territoires.

En effet, face à une croissance et une complexification des besoins sociaux, l’Etat Providence est confronté à la nécessité de faire plus et mieux avec moins de moyens, il ne sait donc plus répondre à ces besoins, l’innovation sociale pourrait y apporter par contre des solutions concrètes et efficaces.

Ces nouvelles attentes éthiques des consommateurs et des salariés, les déficits publics, l’aggravation des problèmes sociaux et même environnementaux, entrainent la nécessité de trouver une autre manière d’entreprendre.

David Cameron a lancé la Big Society au Royaume-Uni, à travers un mouvement de transfert des compétences de l’État vers la société civile et les communautés locales. Barack Obama lui a consacré une cellule et un fonds à la Maison Blanche, pour donner  une place effective aux citoyens en tant que porteurs de solutions face aux grands défis actuels. Muhammad Yunus promeut le social business avec les grandes entreprises dans les pays du Sud…

La Tunisie pauvre  en ressources naturelles et riche de ses ressources humaines a misé sur une économie de la connaissance et devrait s’atteler pour la rendre plus compétitive et plus dynamique, capable d’une croissance économique durable, à  même d’améliorer quantitativement et qualitativement l’emploi pour une plus grande cohésion sociale. Encore faut-il encourager les initiatives de la société civile et son dynamisme  entrepreneurial.
Les  collectivités  doivent  fournir de l’aide  aux  entrepreneurs sociaux pour soutenir la création, la croissance et la survie des entreprises  et des  entrepreneurs.  Ils doivent collaborer pour adopter des pratiques efficaces qui encouragent l’entrepreneuriat et  créer un climat propice, en offrant des incitations  financières , en développant les compétences des entrepreneurs et en créant des opportunités de réseautage.

L’innovation sociale se caractérise par cette capacité à construire des compétences collectives, par les réseaux ou par la formation. Au-delà, il reste à évaluer les dynamiques entrepreneuriales engendrées, leur ancrage dans les territoires et leurs spécificités.

Les collectivités territoriales ont donc un rôle primordial pour la promotion de l’innovation sociale, parce qu’elles sont au contact direct des besoins des citoyens, parce qu’elles soutiennent les associations, parce qu’elles sont de plus en plus placées sous contraintes pour assurer au meilleur rapport qualité/prix des services publics, en associant les usagers et en recherchant une forme de performance globale.

En France, les Régions, les Départements, …. sont actifs. Ils mettent même en place pépinières, incubateurs, écoles d’entrepreneuriat d’économie sociale, salons d’affaires de l’économie sociale et solidaire. Ils font des territoires les premiers écosystèmes d’appui de l’innovation sociale.

Le territoire ne doit plus continuer d’être seulement l’administration en charge d’une zone géographique, mais bien comme un acteur et un moteur des innovations, dont les innovations territoriales et sociales. En effet, les ressources y sont nombreuses : acteurs publics  et privés, structures de recherche et établissement d’enseignement supérieur, citoyens,  associations,… Le défi est de pouvoir fédérer les acteurs et les ressources pour maximiser cette capacité d’innovation au service des besoins sociaux locaux.

Les territoires doivent aussi éviter la production des  effets discriminants et renforcer une meilleure implication citoyenne des  femmes  afin de lutter contre toute forme d’exclusion et encourager entre autre, l’entreprenariat féminin pour bénéficier des talents et compétences des femmes pour le développement social et économique du pays.

Les financeurs classiques de l’innovation continuent aujourd’hui à être focalisés sur l’innovation technologique, et ont du mal à appréhender les particularités de l’innovation sociale, telles que la rentabilité limitée, le recours aux sciences humaines, le statut associatif, doivent s’y mettre eux aussi pour accompagner les pouvoirs publics à la co-construction de cette innovation sociale.

Hager Cherif
(*) Présidente de  l’Alliance Internationale des Objectifs
de Développement du Millénaire -AIODM Tunisie

Source: http://www.leaders.com.tn/article/innovation-societale-et-entrepreneuriale-gouvernance-territoriale?id=13784

Advertisements

Commentaires sur: "Innovation sociétale et entrepreneuriale, gouvernance territoriale" (1)

  1. […] En ces temps de mutation économique, sociale, politique et même culturelle que nous vivons actuellement en Tunisie comme partout ailleurs dans le monde, les gouvernants devraient porter plus d’at…  […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :