L'heure pour entreprendre!

Le microcrédit et des programmes intégrés ciblés, à même d‘autonomiser les femmes

Réunion d’experts sur les femmes rurales et l’accès au financement en Afrique du Nord

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Les acteurs gouvernementaux, régionaux et de la société civile de la région de l’Afrique du Nord, qui œuvrent pour le développement rural se concentrent ces deux jours sur l’autonomisation des femmes en milieu rural à travers l’accès au financement. Une problématique qui nécessite la supervision des politiques existantes et de dégager un consensus sur les moyens à mettre en œuvre en vue d’améliorer I ‘accès des femmes rurales aux ressources productives pour les aider a mieux s’adapter aux différents changements et défis spécifiques que connait leur région. Une sensibilisation des décideurs, des législateurs, des institutions financières et du secteur privé s’impose. A terme, la réunion optimise la création de plus d’opportunités d’accès au financement, de programmes de développement spécifiques et la recherche sur les femmes entrepreneurs en milieu rural. Cette rencontre se base sur des études de cas au Maroc, Tunisie, Algérie et Egypte, élaborées par deux expertes, l’une du Maroc en Tunisie et au Maroc, et l’autre d’Algérie sur l’Egypte et sur l’Algérie.

A ce sujet, Karima Bounemra Bensoltane, Directrice du Bureau pour l’Afrique du Nord de la Commission Economique des Nations Unis pour l’Afrique au Maroc et Nouzha Lamrani, Consultante du Bureau de la CEA-AN, Professeure de l’Enseignement Supérieur à l’Université Mohamed V- Agdal Rabat (Maroc), Coordinatrice du Groupe de Recherches et d’Etudes sur Genre et Développement (GREGED, Maroc), membre du Conseil d’Administration de l’Association Marocaine des Sciences Economiques (AMSE, Maroc), nous parlent de ce grand événement.

Karima Bounemra Bensoltane
Cette rencontre de deux jours sur l’accès au financement des femmes nord africaines vivant en milieu rural rentre dans le cadre des activités de la CEA visant à assurer l’autonomisation économique des femmes.
Les femmes de nos jours, surtout celles vivant en milieu rural doivent faire face à certains obstacles, tout d’abord, en termes d’accès à l’éducation (et d’y rester), à certains services, aux opportunités, au foncier, au financement de projets… L’objectif de cette plate forme d’échanges et de discussion d’acteurs de pays de la région, c’est de voir comment faire de ces femmes des actrices du développement, notamment dans les politiques de régionalisation déclarées par un certain nombre de pays. Mais aussi, comment développer les régions rurales dans le cadre de programmes de développement intégré, parvenir à les ancrer dans leur milieu d’origine ou les ramener vers ce milieu d’origine. Cet objectif cible aussi les jeunes diplômés qui peinent à trouver du travail en milieu urbain et qui pourraient, grâce à ces financements et à un soutien qualifiant, trouver une alternative et des opportunités dans des secteurs nouveaux telles que les technologies de l’information, les énergies renouvelables, les activités liées à l’écotourisme et à l’économie verte. En finalité, recréer une dynamique de l’emploi dans les zones rurales à travers les femmes et leur autonomisation. Les fixer quand elles sont sur place ou les ramener une fois qu’elles ont fait des études et leur trouver des solutions innovantes. Plutôt que d’aller « grandir » le rang des demandeurs d’emploi dans les zones urbaines et périurbaines, qu’elles puissent participer à une redynamisation de la vie économique et de la vie sociale dans leurs régions défavorisés et enclavées où se ressent le besoin réel en mesures adaptées et appropriées. L’accès au financement n’est pas une finalité en soi, mais rentre dans le cadre de programmes élaborés mieux ficelés, plus intégrés optimisant le développement humain, surtout des femmes, mais aussi redonner vie à nos campagnes et en faire des zones aussi dynamiques que les zones urbaines. Certes, il y a des prérequis en termes de formation, sachant que le savoir des campagnes et des zones rurales, en termes de culture, d’agriculture, d’artisanat…, pourrait se perdre. Il est temps de créer de nouveaux environnements favorables au maintien et à la sauvegarde de ces savoirs et de développer des connaissances spécifiques aux différentes régions, dont l’optique est la croissance du pays. Au niveau des mentalités, de plus grands efforts devraient être déployés, les conditions ne sont pas favorables au développement de la femme. Et ces entraves d’ordre social au niveau des zones rurales et urbaines ne sont pas très différentes. L’apport des femmes dans les ménages est malgré tout reconnu, ne serait-ce qu’en termes de respect. Et si on leur confère le savoir, la connaissance, la formation, l’éducation et le développement d’opportunités, elles pourraient trouver la place qui leur revient dans nos sociétés. En matière d’expériences de femmes qui se démarquent dans le domaine économique par des financements des Nations Unis, on pourrait citer des tentatives de création de projets dans les oasis du Maroc, dans des villages de régions isolées et défavorisées en Tunisie suite à la révolution de 2011… L’important, c’est d’apprendre des bonnes pratiques de la région et d’intégrer ces expériences dans les politiques intégrées du développement rural de nos pays, la régionalisation, la décentralisation. D’autant plus que certains pays s’urbanisent de plus en plus et les villes étouffent, d’où le besoin de solutions appropriées afin de récréer nos villages.

Nouzha Lamrani, auteure de l’étude
de recherche sur le Maroc et la Tunisie
Elaborée par Mme Lamrani, cette étude de recherche en dit long sur la problématique, bien que l’accès aux informations et aux données statistiques désagrégées dans le milieu rural, urbain et selon le sexe ait été quasiment impossible. Ce travail intéressant a porté sur l’accès des femmes rurales au financement et au contrôle de la ressource financière. Puisqu’on ne peut pas parler d’autonomisation des femmes quand le contrôle des revenus « se perd » entre les mains du mari , des frères ou des oncles. La majorité des femmes en milieu rural sont analphabètes et ont un travail non rémunéré et non comptabilisé. Elles souffrent du manque d’infrastructures de base, tel que l’eau potable et le bois pour chauffer qu’elles doivent se procurer elles-mêmes, à des kilomètres. Des conditions très difficiles ayant un impact négatif sur les opportunités à avoir un travail intéressant et productif. S’agissant du microcrédit, la seule source ressource formelle en milieu rural, les femmes, au Maroc, en Tunisie, en Algérie et en Egypte, bénéficient moins de ces microcrédits et les montants qui leur sont accordés sont beaucoup moins élevés que ceux des hommes. Ce qui ne leur permet l’accès ni au logement ni à un lot de terrain décents. Elles peuvent acquérir uniquement quelques chèvres, des lapins ou autres, donc nullement un investissement de grande taille. Le financement est certes une solution, mais précaire et à court terme qui peut élever le revenu des familles, mais en aucun cas résoudre les problèmes de la pauvreté des femmes en milieu rural. D’autres politiques devraient être mises en place, surtout des structures visant leur développement direct et leur protection, tel que le changement de leur statut, inégal de l’homme, sur le plan juridique, social et culturel. L’on remarque que, lorsque la femme augmente le revenu, l’homme baisse les dépenses, ce qui reste en défaveur des femmes.

11/11/2013

Source : http://www.lopinion.ma/def.asp?codelangue=23&id_info=35416&date_ar=2013-11-16%2017:9:00

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