L'heure pour entreprendre!

Les erreurs commises par Ennahdha et le gouvernement actuel s’accumulent au fil des jours. Aujourd’hui, il se trouve que la fonction publique en paie la facture. Présent, hier, lors du salon « Job CONNECT », organisé à l’initiative de la CONNECT, le ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi, Naoufel Jemmali, a créé la surprise en annonçant que le nombre des fonctionnaires a atteint, à ce jour, 700 000 contre 500 000 avant la Révolution. L’information a suscité de la polémique sur les réseaux sociaux : « Quelles réformes pouvez-vous faire avec cette charge colossale? Quelle relance pouvez-vous engager? Les gouvernements Jebali et Laârayadh laissent un terrain miné de bombes dégoupillées et de peaux de banane que le prochain gouvernement, quelle que soit sa composition, aura vraiment du mal à gérer! Et chaque jour perdu de plus avec la Troïka au pouvoir, est un trou de plus qui se creuse », c’est ce qu’a affirmé Moez Joudi sur sa page facebook.

Le déficit budgétaire atteindra 10%

Interrogé par Africanmanager, il a indiqué que l’administration tunisienne souffre aujourd’hui, d’un sureffectif. Dans le même temps, les dépenses publiques ont augmenté de 30%, à cause essentiellement du recrutement anarchique. Durant les années 2012 et 2013, quelque 61 mille personnes ont été recrutées dans la fonction publique, soulignant que si les recrutements se poursuivent à ce rythme, le déficit budgétaire atteindra 10% contre 7.4% actuellement.

Moez Joudi a accusé, dans ce cadre, le gouvernement d’irresponsabilité, d’inconscience et de mauvaise gestion et d’avoir saturé l’administration tunisienne à des fins politiques et selon l’appartenance partisane. A noter, selon nos propres sources, que plus de 6900 personnes embauchées depuis la Révolution se recrutent parmi les familles des martyrs, les blessés de la révolution et les bénéficiaires de l’amnistie générale.

Dans le même ordre d’idées, Moez Joudi a indiqué que, selon un récent rapport de la Banque Mondiale, l’administration tunisienne peut tourner avec 350 mille fonctionnaires, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, le chiffre atteignant le double. Et d’ajouter que ce recrutement anarchique pénalise l’administration tunisienne. De plus, il n’aura aucun effet positif, sachant que 80% des impôts sur les revenus servent à couvrir les dettes.

36,2% du budget pour les salaires !

De son côté, Mohamed Salah Ayari, universitaire et expert en fiscalité, nous a précisé que le recours à l’embauche dans la fonction publique a été une obligation car, selon lui, pour résoudre le problème du chômage, il faut arriver à un taux de croissance de 7%, ce qui, en l’état actuel des choses, est impossible à cause de la faible rentabilité du secteur public et des difficultés que trouve la Tunisie pour attirer les investissements extérieurs pour cause d’instabilité politique et sécuritaire. Et d’ajouter que les investisseurs tunisiens doivent être les premiers à investir, ce qui est impossible au regard des pressions exercées sur les hommes d’affaires. Rappelons que 1% de croissance équivaut à 16 mille nouveaux emplois.

Il a affirmé, en outre, que les salaires des fonctionnaires ont alourdi le budget de l’Etat puisqu’ils représentent la grande partie des dépenses. En 2013, 9700 millions de dinars ont été alloués aux salaires dans la fonction publique contre 8800 millions de dinars durant l’année 2012, soit 34,4% du budget de l’Etat de l’année 2012 et 36,2% du budget 2013, expliquant que ces recrutements ne sont pas rentables et que la Troïka est en train de faire croire aux Tunisiens qu’elle est en train de créer des postes d’emplois , alors qu’elle ne fait qu’alourdir le budget.

Aucun rapport avec la croissance !

Pour sa part, l’économiste Abdeljelil Bedoui a précisé que le recours au recrutement dans le secteur public est lié à plusieurs difficultés dont principalement, la régression de la contribution du secteur privé dans la création de l’emploi, soulignant, cependant, que le nombre des salariés de la CPG, à titre d’exemple, a atteint, actuellement, 7500 employés contre 5000 avant la révolution.

Il a affirmé, en outre, que les recrutements effectués récemment n’ont aucun lien avec le rapport croissance/emploi, précisant qu’ils sont opérés pour des considérations liées à l’intégration des personnes exclues ou à la solidarité. Selon lui, le recrutement, aujourd’hui, est anarchique et pléthorique et va miner l’efficacité de l’administration et sa rentabilité, alors qu’il s’agit d’un capital institutionnel.

Et d’ajouter que les nominations anarchiques et non conformes aux critères de la compétence et de l’expérience risquent d’entamer la crédibilité de l’administration. Selon lui, beaucoup d’entrepreneurs se plaignent du retard mis dans le traitement des dossiers dans les ministères, et ce suite au manque de compétences.

Khadija Taboubi

Source : http://www.africanmanager.com/155449.html

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