L'heure pour entreprendre!

En langage économique, on les appelle les BRICS. Ces pays (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) sont les 5 plus grandes puissances économiqus émergentes. Elles ont connu, au cours des dernières années un véritable « boom social » avec un développement rapide de leur protection sociale, détaille une note réalisée par le Centre d’analysé stratégique (1) Cette évolution n’est pas exceptionnelle parmi les pays émergents mais la taille importante des Brics (ils représentent 40 % de la population mondiale et assureront 61 % de la croissance mondiale en 2015) lui donne une signification particulière. Chacun de ces pays organise son modèle de protection sociale selon une voie spécifique : système d’assurances en Chine, d’assistance en Afrique du sud avec des minimas sociaux couvrant une large part de la population. Ces mesures vont dans le sens de la mise en place d’un « socle de protection sociale » qui a fait l’objet d’une recommandation de l’organisation internationale du travail (OIT) en juin 2012 et selon laquelle tout pays doit se doter d’une couverture santé universelle et d’un filet de sécurité pour les plus pauvres (Un socle mondial de protection sociale est-il possible ?). La diversité des expériences des BRICS conforte l’idée que ce « socle » n’est pas un modèle unique mais un objectif qui peut -être atteint par une pluralité de voies. Mais de gros obstacles perdurent : d’abord, dans des pays où beaucoup reste à faire, comment trouver les financements pour mettre en place ces systèmes de Sécurité Sociale ? Cela passe aussi par l’inclusion des travailleurs du secteur informel qui, par définition, ne cotisent pas car ils exercent leur métier en marge des circuits officiels. En Inde, par exemple, seuls 10 % de la main d’oeuvre exerce dans une entreprise officiellement répertoriée.

94 % des chinois couverts pour leur santé

Longtemps un sujet marginal, le développement de la protection sociale est aujourd’hui au coeur du débat politique de ces pays. Les BRICS y voient un levier de réduction des inégalités et de pérennisation de leur croissance. Et les résultats, en quelques années, sont déjà impressionnants. Ainsi, en Chine, le taux de couverture pour l’assurance santé est passé de 24 % à 94 % de la population entre 2005 et 2010, soit près de 16 millions de personnes supplémentaires couvertes tous les mois. La loi sur les assurances sociales du 28 octobre 2010 a parachevé cette évolution en organisant un système complet de Sécurité Sociale pour les 5 risques (maladie, vieillesse, chômage, maternité et accidents du travail). Elle oblige l’ensemble des employeurs et des salariés à cotiser et prévoit l’octroi par l’Etat d’un minimum de subsistance pour les personnes handicapées, les personnes âgées de plus de 60 ans, les mineurs et les familles à faibles revenus. Mais pour autant, encore seulement 33 % des chinois bénéficient réellement d’une pension de retraite et le taux de la couverture santé est dérisoire au regard des coûts. Quant au bon résultat sud-africain (89 % des dépenses de santé sont pris en charge par les pouvoirs publics), il est à nuancer du fait des très fortes inégalités de moyens entre le système public et privé. Au Brésil, le programme Bolsa familia a permis, lui, un recul significatif du taux de pauvreté (Il est passé de 36 % en 2003 à 21 % en 2009).

Pour le Centre d’analyse stratégique : « répondant à des besoins sociaux, le développement de la protection sociale dans les BRICS trouve également des justifications économiques ». Il est considéré, en particulier en Chine, comme un moyen de reéquilibrer un modèle de croissance qui reposait jusqu’ici principalement sur les exportations. Le taux dépargne, particulièrement élevé, freine, en effet, le développement de la consommation intérieure. La généralisation de l’assurance maladie et les systèmes de pension doit permettre de diminuer l’épargne de précaution. En Chine, en effet, la maladie et la prise en charge des parents âgées, serait l’un des premiers motifs d’épargne.

35 % de la population mondiale encore privée de santé. Il n’en reste pas moins que la route est encore longue quand on constate que seulement 20 % de la population mondiale en âge de travailler a accès à un système complet de protection sociale couvrant toutes les branches de la Sécurité Sociale. Près d’un tiers de la population mondiale n’a accès à aucun établisement ou service de santé et 40 % seuilement bénéficie d’un système de retraite. De plus, les BRICS n’échapperont pas à l’avenir aux phénomènes de vieillissement que connaissent les pays développés et à leur impact sur le financement de la protection sociale.

1) Le Centre d’analyse stratégique est une institution d’expertise et d’aide à la décision placée auprès du Premier ministre. Il a pour mission d’éclairer le Gouvernement dans la définition et la mise en œuvre de ses orientations stratégiques en matière économique, sociale, environnementale ou technologique.

 

Source : http://www.viva.presse.fr/

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